Boucant Thiery, du champagne de père en fils

Emmanuel a suivi son père dans le champagne. Il a repris l’exploitation de 7 hectares, à Bonneil, en 2007. Une exploitation qu’il reconvertit en bio, pour respecter l’environnement.

   

« J’ai toujours voulu être vigneron. Petit, je courrais derrière mon père, et ma mère courrait derrière moi pour faire les devoirs« , sourit Emmanuel. Car l’histoire du champagne Boucant Thiery est avant tout une histoire de famille. »Mon grand-père faisait un peu de vignes, mais à l’époque, ça ne rapportait rien. Les raisins étaient moins chers ici que dans la Marne, alors ils avaient aussi des cultures, des poules, des cochons… Puis mes parents ont repris la ferme. Dans les années 60, le vignoble a commencé à se développer ici, en 70, les vignes commençaient à rapporter« , explique Daniel, à qui ses parents ont cédé les vignes.

« J’ai voulu faire du champagne, mais on n’avait pas de cave. Alors on en a construit une première puis une deuxième… » Des caves qui abritent aujourd’hui 30 000 bouteilles et qui appartiennent désormais au fils de Daniel, Emmanuel, depuis 2007. « Avant, on aimait avoir des vignes propres, maintenant, c’est l’inverse« , sourit Daniel. Les méthodes évoluent, et son fils, Emmanuel, fait évoluer l’exploitation, en la convertissant en bio.

« Être bio et respecter l’environnement, ce n’est pas la même chose, souligne le jeune homme de 35 ans. On peut mettre une blinde d’engrais et ça pousse… Moi, je tiens a respecter l’environnement, à faire du bio pour préserver la nature. Nos vignes ont une quarantaine d’années, elles ont connu des produits chimiques, on ne peut pas leur retirer comme ça, c’est comme si elles étaient droguées. » Emmanuel y va donc doucement, et tient à redonner une vie au sol. Un véritable objectif de carrière pour lui. « Dans les années 60, les haies étaient détruites pour gagner des hectares, aujourd’hui, on se rend compte qu’il faut les remettre. On produit moins, mais mieux.« 

Il y a quelques années, Emmanuel a eu des soucis de dos, a dû se faire opérer et rencontrer plusieurs médecins et chirurgiens. Il a finalement décidé d’arrêter les médicaments, de changer sa manière de vivre. « Je me suis dit, ça marche pour moi, pourquoi ça ne marcherait pas pour les vignes ? » Aujourd’hui, il fait des traitements plus doux en achetant des macérât, son but est de pouvoir ensuite les réaliser lui-même, et de former ses deux salariés. « Il faut ramasser des orties, les faire macérer… C’est sympa à faire, un peu comme le champagne finalement !« 

Emmanuel ne pense pas qu’aux vignes, mais aussi au bâtiment, qu’il aimerait pouvoir refaire en matériaux de récupération. « Je le dessine dans ma tête, j’aimerais utiliser des matériaux qui ne consomme rien, du bois français peut-être… » Le jeune homme a bien d’autres idées en tête pour développer son exploitation. Il rêve même à remplacer les machines par trois chevaux de trait.

« C’est très surprenant, c’est très bon. » La réflexion de Hervé, l’expert comptable d’Emmanuel en dégustant un verre de demi-sec, nous fait revenir à la réalité. « Le sucré est parfaitement fondu avec le champagne. » Il est vrai que la dégustation est savoureuse et explique les nombreuses médailles reçues. Des dégustations sont organisées dans une salle aux couleurs dorées, avec des animations différentes, organisées par Ana, qui accueille les clients, s’occupe de l’export, import et du tourisme. « On propose aussi des ateliers sensoriels, en trois étapes dans les vignes, des visites avec dégustations et plateau de fromages de producteurs locaux, ou encore des pique-niques des vignerons« , précise-t-elle. Des moments savoureux au coeur des vignes.

Léa
Photos : Nicolas

Champagne Emmanuel Boucant, 10, route de Crogis à Bonneil. Plus d’infos sur leur site internet, leur page Facebook, leur compte Instagram, au 06 78 14 31 18 ou à emmanuel@boucantthiery.fr

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Léa

Léa

Picarde depuis toujours, je suis très attachée à ma région. J’aime découvrir de nouveaux petits coins de Paradis, et retrouver ceux que je connais depuis mon enfance. Les balades en forêt, les villages typiquement picards, les champs de blé : la Picardie est belle, riche, et j’en suis fière. Après un master de journalisme, il est évident pour moi de partager avec vous nos merveilleux endroits et nos habitants talentueux, à l’écrit et en photos.

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