À Corbie, l’Atelier de Célène fabrique des masques

Depuis quelques jours, Aurélie, de l’Atelier de Célène, s’est lancée dans la fabrication de masques. La créatrice de Corbie tient à soutenir le personnel soignant au maximum, durant cette période difficile.

« J’avais vu des patrons circuler sur internet, je pensais en faire juste pour mon usage personnel car je pensais qu’ils n’étaient pas conformes. Mais j’ai reçu l’appel désespéré d’une infirmière en Ehpad qui déplorait le manque de moyens pour se protéger et protéger les résidents. Elle m’a indiqué les matières recommandées par les hôpitaux. » Par solidarité, Aurélie, de l’atelier de Célène, fabrique depuis quelques jours des masques.

20 min par masque

« J’ai répondu positivement à sa demande puis tout s’est enchaîné, mon téléphone et ma tablette n’ont cessé de sonner et de bipper par l’afflux de demandes. » Jamais auparavant elle n’en avait réalisé. « Ce n’est pas difficile à faire mais c’est assez long. Il faut compter 20 min par masque », précise Aurélie. En trois jours, elle en a réalisé une centaine.  « Ça a été long mais incomparable par rapport aux besoins des soignants et assimilés. J’ai fourni des infirmières et aide-soignantes, des personnels dans l’alimentaire, des pompiers et quelques particuliers. »

Depuis trois semaines, la situation est difficile pour l’Atelier de Célène. « Les salons auxquels je devais participer ont tous été annulés donc ce sera un gros manque à gagner en terme de chiffre d’affaire. D’autant plus que mon entreprise commençait à bien tourner. Mon époux est aussi artisan, je vous laisse imaginer notre inquiétude financière. Nos entreprises respectives auront du mal à se relever de cette situation. »

Pour cela, Aurélie a décidé de demander 2 euros par masque aux soignants et 5 euros aux particuliers. « Cela représente juste de quoi rembourser la matière première (tissu coton et tissu technique, élastique), je ne compte ni mon temps de travail, ni les charges. » 

« Les enfants sont compréhensifs »

Avec leurs trois enfants âgés de 6, 9 et 12 ans, le confinement se passe bien pour Aurélie et son mari. « Nous avons la chance d’avoir une maison ainsi qu’un grand jardin. Le plus compliqué est de faire école à la maison tout en produisant les masques. Les deux activités sont indispensables. Mais les enfants sont compréhensifs et aident bien au quotidien. »

Les stocks d’élastiques diminuent

Malheureusement, les stocks d’élastiques d’Aurélie commencent à diminuer. « J’utilise de l’élastique plat d’1 cm de large. Les élastiques ronds seraient trop coupants derrière les oreilles. Si les gens des environs en ont, je suis preneuse. Je vais tenter aussi une commande express auprès de mon fournisseur mercerie lundi matin. »

Aujourd’hui, la créatrice encourage les petites mains agiles à faire des masques. « Les besoins sont énormes. Le tout est de le faire dans des matières qui protègent au maximum, à savoir que deux épaisseurs de coton simple ne servent absolument à rien. Ceux en coton et PUL sont plus adaptés car ils forment une barrière imperméable. Ces masques ne sont certes pas homologués mais ont le mérite de protéger à défaut d’avoir des masques chirurgicaux à disposition. »

« Les personnels soignants soulagés et reconnaissants »

Depuis, de nombreux messages de remerciement et de reconnaissance sont adressés à l’Atelier de Célène. « Les personnels soignants sont tellement démunis qu’ils sont soulagés et reconnaissants de trouver des masques lavables. Je dois dire que cela fait énormément de bien, non pas pour mon ego, mais de servir à quelque chose en cette période compliquée pour ceux qui sont en première ligne. Merci à eux d’être là pour nous, pour les malades, en espérant que cette pandémie soit rapidement un mauvais souvenir. Et pour cela, nous ne le répéterons jamais assez, restez chez vous et prenez soin de vous et des vôtres… »

Léa

Plus d’infos sur Facebook ou au 06 84 21 98 98.

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Léa

Léa

Picarde depuis toujours, je suis très attachée à ma région. J’aime découvrir de nouveaux petits coins de Paradis, et retrouver ceux que je connais depuis mon enfance. Les balades en forêt, les villages typiquement picards, les champs de blé : la Picardie est belle, riche, et j’en suis fière. Après un master de journalisme, il est évident pour moi de partager avec vous nos merveilleux endroits et nos habitants talentueux, à l’écrit et en photos.

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