L’exposition « Tenir » d’Aurélie Grasser Rifi Saidi : graphisme et passion à l’état pur

Professeure d’arts plastiques passionnée, Aurélie Grasser Rifi Saidi expose son travail artistique au salon de tatouage Peak Ink Blinders du 13 septembre au 15 novembre, à Amiens.

Photographe : Kévin Perodeau Latini

Les oeuvres d’Aurélie ont pris place dans le salon de tatouage Peak Ink Blinders, à Amiens. Après avoir commencé par la gravure et notamment la linogravure, l’artiste est tombée amoureuse de la technique sérigraphique. Depuis, elle n’a cessé de créer des œuvres dotées d’un tracé très fin. Ces œuvres sont pour la plupart des images oniriques et empreintes d’un puissant pouvoir émotif.

 

« J’aime bien avoir des images fortes, un peu comme des icônes pour illustrer mon travail. C’est aussi pour ça que j’ai mis ce mot sur la cuirasse du samouraï : « Tenir » ».

La plupart de son travail est de la sérigraphie, suite à une formation à cette discipline à l’ESAD et chez les Editions du Monstre : « C’est tellement un régal à faire que j’ai tout de suite eu envie d’en faire tout le temps et donc, j’ai ressenti le besoin d’avoir ma propre machine pour pouvoir vraiment pratiquer tout le temps. »

« En grande amoureuse de la gravure, je cherchais à beaucoup affiner mon trait. Et quand j’ai rencontré la sérigraphie, c’était juste magique ! »

Depuis, Aurélie a monté ses propres éditions et avec l’aide de son père, elle a fabriqué sa propre machine. « Son métier n’avait rien à voir avec ça. Malgré tout, depuis toute petite, je l’ai toujours vu dessiner… C’est un peu ça qui m’a mise en compétition et surtout avec cet amour du dessin. »

Cette grosse insoleuse a donc été fabriquée avec son père, et a un avantage : elle est transportable. « Je peux commencer à intervenir un peu partout. Et donc, je vais avoir un atelier tous les mercredis de 18 à 20 heures à la faculté, au pôle Citadelle, qui commence début octobre. »

T-shirts et tote-bag sont créés avec passion et plaisir par l’artiste, qui tend à viser la finesse du trait de façon quasi obsessionnelle.

 

L’exposition est en totale adéquation avec le lieu où elle se trouve : chacune des images créées par Aurélie a cette particularité de pouvoir faire de superbes tatouages. « Et puis, moi-même étant tatouée, ça me tenait à cœur de promouvoir un peu ce salon de tatouage. Sébastien a vraiment un bel espace, ça permet de créer un peu de visibilité à nos deux techniques de travail, qui ne sont pas si différentes au fond. »

Le travail d’Aurélie se fait en deux temps. « D’abord, j’ai toujours une idée qui devient une image et donc, un dessin. Je l’appose sur papier, le dessin est beaucoup, beaucoup travaillé. Parfois, je peux rester 15 jours, trois semaines sur un même dessin pour aller au bout de mon idée, avoir le dessin parfait, comme celui que j’avais en tête. Et après, je m’amuse à la faire évoluer avec la sérigraphie où je joue avec les supports, sur la présentation. Ça varie aussi simplement avec les tirages, ça créé des imperfections, des différences naturelles. »

Parfois, le travail peut prendre une troisième et dernière forme : « Je passe aussi en tridimension avec la sculpture, que ce soit en bas-relief ou en ronde-bosse. » Une ronde-bosse est une sculpture autour de laquelle on peut tourner ; un bas-relief est sur une seule face mais semble sortir du fond duquel il se détache.

En ce moment, Aurélie est particulièrement influencée par la culture et l’art asiatique. Son travail en trois dimensions est essentiellement en porcelaine. Ce matériau est très utilisé dans la culture asiatique pour la pureté de son blanc originel et la fragilité de sa composition : « La porcelaine, c’est liquide comme du lait, mais collant comme une pâte à pizza… Ce n’est pas du tout un matériau facile à travailler. Par exemple, le buste, ce sera le seul et l’unique. C’est un travail monumental que j’ai accompli là-dessus. »

Habituellement, les artistes créent un moule pour créer des bustes en porcelaine. Aurélie en a décidé autrement. Le travail du moulage est si compliqué qu’elle n’a pas voulu s’aventurer sur ce terrain trop obscur et loin de son travail habituel. Elle a créé son buste en le montant, étage par étage. C’est en cela que son travail est unique : par passion, elle est débrouillarde et n’hésite pas à innover en matière de technique pour parvenir à ses fins.

Laëtitia

N’hésitez pas à pousser la porte du salon Peak Ink Blinders au 8, rue des Lombarts à Amiens pour découvrir ou redécouvrir le travail d’Aurélie jusqu’au 15 novembre 2019. Plus d’infos sur la page Facebook de Peak Ink Blinders ou le compte Instagram d’Aurélie.

À lire aussi :

Romain Dorez, street-artiste amiénois

Sibrah.art, un street artiste amiénois plongé dans les années 80

! Publicité !

Pour des bons plans partout en France, rendez-vous sur Pix.city
*

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *