Bénédicte a ouvert son cabinet, à Péronne, il y a cinq ans. Hypnothérapeute, elle est spécialisée dans les traumatismes et blessures émotionnelles. Elle utilise également la technique de la rythmo et depuis peu, réalise des séances d’astrologie. Rencontre.
« A la base, je suis ingénieur en chimie. Je l’ai été pendant quinze ans. » L’épuisement professionnel la pousse à réfléchir à un nouvel avenir. « J’ai fait un bilan de compétences, j’ai réalisé que ma confiance en moi était à zéro, et on m’a conseillé d’aller voir une hypnothérapeute. » C’est la révélation pour Bénédicte. « J’ai été scotchée. » Elle entame alors une reconversion à petits pas, quitte son travail en 2021 et s’installe.

Mais Bénédicte traverse quelques mois après une période difficile dans sa vie personnelle. « Un gros traumatisme est remonté à la surface, j’ai vu des psychologues et je me suis formée à la rythmo. En deux trois séances, j’ai sorti la tête de l’eau, je faisais des auto-séances. » Un outil puissant, qui a montré à Bénédicte que les « épreuves peuvent être des cadeaux« .
« Pour que tout ça ne me soit pas arrivé pour rien, pour aider les gens comme j’aurais aimé l’être. »
« Les gens ne voient pas toujours ce qu’il y a derrière un traumatisme, les émotions qui sortent sont presque incontrôlables. J’avais l’impression qu’un monstre sortait de moi. Aujourd’hui, je suis bien dans mes pompes, fière du chemin que j’ai parcouru. » Les premières années au cabinet ont été « riches et intenses« . « Aujourd’hui, je suis tellement heureuse« , sourit la professionnelle.



Avec les années, de plus en plus de personnes viennent la voir pour, à leur tour, régler des traumatismes. « Quelque chose m’appelait à me spécialiser dans ce parcours, pour que tout ça ne me soit pas arrivé pour rien, pour aider les gens comme j’aurais aimé l’être. Parler du traumatisme n’est pas toujours suffisant. Le traumatisme a son propre fonctionnement, et le corps doit faire partie de ce processus de guérison. »
« Couche après couche, comme un oignon »
Avec ses clients, elle travaille « couche après couche, comme un oignon« . Bénédicte sait parfaitement expliquer comment fonctionne un traumatisme : « Chaque soir, le cerveau fait son bilan, se demande ce qu’il garde. Il reprend les événements de la journée, tout ce qui est passé par les sens, les émotions, les pensées. » Quand ce n’est pas un traumatisme, il analyse, comme un ordinateur, et se demande ce qu’il tire comme conclusion. « Il tire un apprentissage puis va classer dans sa bibliothèque de mémoire. Mais si un événement traumatisant a lieu, le cerveau se met en protection. »



Il va alors rester coincé dans une période de vie compliquée. « Le cerveau n’est pas en mesure de traiter, alors il se met en survie pour nous protéger. Il va se rappeler de tout, mais ne va pas pouvoir classer l’événement, il n’arrive pas à archiver le souvenir donc il le revit tous les jours, comme s’il se passait à la date du jour.«
Classer le souvenir
La rythmo, une technique douce très proche de l’EMDR, est utilisée par Bénédicte pour aider à classer ce souvenir. « Je commence par installer la personne en sécurité. » Pour cela, elle explique bien qu’elle ne va pas revivre le souvenir, mais le revisiter à la distance nécessaire. « Au pire, ce sera inconfortable, mais la personne ne sera pas en danger, elle regardera un double d’elle. Je travaille en douceur, au rythme de la personne, en prenant le temps qu’il faut. »

Ensuite vient l’étape de la désensibilisation émotionnelle. « Souvent, l’émotion est trop forte, que ce soit la peur, la colère, la tristesse, le dégoût. L’idée est d’abaisser son niveau émotionnel et de déculpabiliser les clients, leur dire que ce ne sont pas eux le problème mais ce qu’ils ont vécu. »
Injecter l’antidote
La phase de retraitement peut alors commencer avec un travail sur la perception que l’on a de soi. « On part de la perception qu’on a de soi dans le souvenir, de phrases qui collent aux basques depuis longtemps comme ‘je suis nulle’ et on va aller injecter l’antidote, une phrase contraire ou une nouvelle croyance, comme une mise à jour qui vient réparer : ‘je fais de mon mieux’. »

Que ce soit grâce à l’hypnose ou à la rythmo, un véritable travail est fait sur l’inconscient. Le client ne va pas oublier, mais archiver, remettre le souvenir à la bonne place dans la bibliothèque. Le temps d’hypnose dure entre 15 et 60 minutes. La rythmo, quant à elle, est réalisée par micro-séances avec des stimulations bilatérales, à gauche et à droite, que ce soit de manière visuelle, auditive ou tactile. « Je tapote sur les genoux ou les épaules pendant que la personne revisite son souvenir, ça aide les émotions à se libérer. »
La séance est réalisée sous forme de plusieurs petites rondes : « On part de l’événement comme notre cible, mais on n’est pas obligé de revoir en entier tout l’événement. C’est l’inconscient qui travaille, on ne peut pas contrôler et je ne suis pas là pour juger ou analyser. On va accueillir les émotions, les libérer. On part de ce qui est venu et on va tirer doucement sur le fil de la pelote. Ca remue, ça fatigue. » Il est donc important de respecter le rythme de la personne.
L’astrologie, un appel du cœur
Depuis un an et demi, Bénédicte propose également des séances d’astrologie, un vrai appel du cœur, qui peut également être complémentaire de l’hypnose et l’EMDR. « C’est un vrai outil de connaissance de soi. Pour moi, l’astrologie c’est une boussole, une notice. C’est un peu comme la Belle au bois dormant et ses petites fées, qui lui ont dit : ‘tu seras comme si, comme ça’. C’est une notice, mais c’est toi le capitaine à bord, c’est toi qui choisis. » Elle explique : « Dans chaque archétype, tu peux développer certains traits de caractères mais on ne vit pas tous de la même manière, les jumeaux par exemple ne sont pas les mêmes, ils ont une mission commune, mais peut-être que l’un va la suivre et pas l’autre. »
Déculpabiliser, éclairer, rassurer

Lorsque quelqu’un est perdu, qu’il ne sait plus qui il est, le thème astral peut l’aider. « C’est déculpabilisant, ça éclaire et aide à comprendre comment on fonctionne. Ca permet aussi d’intensifier les zones de génie, de donner des pistes. C’est bien pour l’estime de soi et ça montre à quel point chacun est unique. »
A partir de ma date de naissance, de l’heure et du lieu, Bénédicte a travaillé sur mon thème astral, sur la question des émotions. Un moment intense et très intéressant, qui m’a permis de mettre des mots sur certaines choses que je ressens et de mieux comprendre ma façon de fonctionner.
Parmi les éléments qui m’ont particulièrement parlé, cette idée que je peux ressentir très fort, parfois jusqu’à absorber les émotions et les ambiances qui m’entourent, mais aussi que j’ai besoin de revenir régulièrement au concret et à la nature pour retrouver mon équilibre. Le jardinage, notamment, y apparaît comme un véritable point d’ancrage, quelque chose qui permet de revenir au corps et au vivant lorsque tout devient trop intense. Et c’est tellement vrai !
Cette séance m’a également rassurée sur ma manière de ressentir les choses, ma vie professionnelle ou encore la façon dont les autres peuvent me percevoir. Je suis repartie avec une jolie boussole réalisée par Bénédicte, que je garderai précieusement près de moi. Elle rassemble finalement plusieurs petits rappels auxquels revenir lorsque je me sens perdue : je peux me protéger sans me couper des autres, je n’ai pas besoin de tout porter à la place des autres et j’ai le droit de chercher ma propre vérité.
Une boussole pour se rappeler qui l’on est lorsqu’on cherche son chemin. Et parmi toutes les phrases qui y figurent, deux restent particulièrement avec moi : « Je n’ai pas besoin de ressentir moins pour être bien. Revenir à la nature et au concret me ramène à moi. » Et vous, quels sont vos mantras ?
Léa


Comm El