Le kangatraining prend soin des futures et jeunes mamans à distance

Catherine anime des séances de kangatraining, à Beauvais. Avec le confinement, toutes les habitudes des jeunes mamans et futures mamans sont bouleversées. Elle continue à les suivre à distance.

Habituellement, les séances de kangatraining se déroulent toujours dans le même ordre, afin de garantir une routine au bébé. « Après l’échauffement, nous effectuons des mouvements au sol pour détendre le bébé et faciliter son endormissement », explique Catherine, formatrice et responsable du concept kangatraining. Vient ensuite un temps de mise en porte bébé, avec surveillance de la monitrice certifiée. La séance se poursuit par des exercices debout. « Nous allons danser, apprendre à nous mouvoir sans nous nuire, nous allons renforcer les fessiers, les cuisses, les bras… et surtout transpirer »

Pour terminer, un moment est consacré aux exercices isolés du plancher pelvien. « Nous reverrons avec la respiration la manière de contracter correctement son périnée. Nous ne remplaçons pas la rééducation périnéale, nous la complétons, pour assurer la continuité du travail des sages-femmes. » Enfin, les muscles qui sont fortement sollicités durant la vie avec bébé sont étirés. « Nous concluons sur une chanson commune, avec une discussion autour d’un sujet laissé au libre choix aux mamans… »

Le kangatraining a été mis en place par un ensemble de professionnels de santé : sage femme, physiothérapeutes, éducateur sportif et médecin. « C’est une activité physique adaptée qui prend en compte les complications postnatales de la maman et les besoins de son bébé », précise Catherine. Cela pour que les mamans puissent reprendre une activité physique en toute sécurité.

« Il n’était pas concevable de laisser les mamans seules chez elles »

Avec le confinement, le déroulement des séances est bien entendu perturbé. « Nous avons dû revoir notre façon de procéder, car il n’était pas concevable de laisser les jeunes mamans et futures mamans seules chez elles. » Les mamans sont ainsi suivies grâce à un outil de visioconférence. « Nous pouvons nous voir et  discuter, mais aussi corriger et guider vers une meilleure posture nos mamans… Aujourd’hui, toutes les jeunes mamans de France peuvent bénéficier de ce suivi sans avoir de monitrices dans leur secteur. »

Des entraînements conseillés par les sages-femmes

Face à la crise du coronavirus, les sages-femmes voient quant à elles leur activité réduite à l’urgence. « Certaines mamans ne bénéficient donc pas ou plus de leur rééducation ou préparation à l’accouchement. C’est pourquoi une collaboration plus ancrée s’est installée. Elles conseillent vivement à leurs mamans de venir suivre notre entrainement durant le confinement, en attendant que les choses redeviennent possibles. »

Catherine tient aussi à mettre en garde les mamans face à certaines informations diffusées en ce moment en masse sur internet. « Des stars ou bien des personnes lambda se sentent l’âme de professionnels de santé et proposent des exercices pour les mamans et leur bébé. Sans connaissance dans le domaine de la santé, rien ne peut être proposé sans que cela ait des conséquences irréversibles sur la maman. » Suivre ces mauvais conseils peut nuire au plancher pelvien et entraîner notamment une incontinence d’effort irréversible. Certains mouvements mal exécutés peuvent aussi former des lésions sur les articulations du genou.

« La mise en porte bébé n’est pas toujours physiologique. Les conséquences sont doubles : pour le bébé, mauvais positionnement donc mauvais développement de la hanche, entrainant des malformations en grandissant. » La maman risque de ressentir des douleurs dorsales et cervicales plus accrues, ainsi qu’une pression inutile sur le plancher pelvien.

Mal pratiquer pourrait entraîner des accouchements prématurés

Pour les femmes enceintes, une pratique non contrôlée et non règlementée peut créer des contractions, voire une ouverture de col prématuré. Pire cela peut entraîner des fausses couches, le syndrome de la veine cave, et toute autre complication. « Les sages-femmes, qui ont eu connaissance du concept, m’ont demandé de rédiger un mail pouvant être diffusé à grande échelle, afin d’orienter les jeunes mamans et futures mamans, vers nos services. Afin de limiter les dégâts, il apparait nécessaire que ce public soit pris en charge par des professionnels compétents dans ce domaine. » 

Une formation en Autriche pour pouvoir lancer le kangatraining en France

Maman de deux enfants, Catherine suit les futures et jeunes mamans depuis 2018. Elle a choisi de quitter l’Éducation nationale pour travailler à son compte, dans le domaine du sport, santé et bien-être. « J’ai découvert le kangatraining par hasard. Le concept n’existait pas en France à ce moment, il m’a fallu me former en Autriche auprès de la fondatrice. Sans réfléchir, je m’y suis inscrite et je suis partie avec ma famille, sans un sous pour vivre une expérience unique. » Catherine a alors développé le concept en France et est devenue l’unique formatrice de ce concept innovant.

Les objectifs du kangatraining sont multiples : correction des complications postpartum, apprentissage d’une bonne posture,  protection et renforcement du plancher pelvien, lutte contre l’isolement, développement vestibulaire, moteur, affectif de l’enfant, renforcement des muscles distendus pendant la grossesse, et étirement de ceux extrêmement sollicités durant cette période « Une pratique régulière permet à la maman de réduire ses complications, et de se réapproprier son corps après accouchement, de se libérer de ses angoisses de jeune maman en rencontrant d’autres mamans… Pour les bébés, les bénéfices existent aussi. L’objectif est qu’ils se sentent bien, apaisés et en sécurité… »

Léa

En Picardie, les séances ont habituellement lieu à Amiens, Beauvais, Compiègne et Laon. Plus d’infos sur la page Facebook, le site internet ou au 06 23 16 24 21.

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Léa

Léa

Picarde depuis toujours, je suis très attachée à ma région. J’aime découvrir de nouveaux petits coins de Paradis, et retrouver ceux que je connais depuis mon enfance. Les balades en forêt, les villages typiquement picards, les champs de blé : la Picardie est belle, riche, et j’en suis fière. Après un master de journalisme, il est évident pour moi de partager avec vous nos merveilleux endroits et nos habitants talentueux, à l’écrit et en photos.

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