Une expérience unique avec le repas dans le noir organisé par l’association LEO Club Amiens Jules Verne

Ce vendredi 8 novembre 2019 s’est tenue la cinquième édition du dîner dans le noir au profit des Chiens Guides d’Aveugles. L’association LEO Club Amiens Jules Verne a organisé la soirée avec brio.

L’association LEO Club Amiens Jules Verne a organisé, pour la cinquième fois, son dîner dans le noir. Cette édition s’est déroulée dans la salle des fêtes de Cagny, grâcieusement prêtée le temps d’une soirée par la commune.

Une soirée pour la bonne cause

L’accueil enthousiaste des bénévoles annonce une soirée mémorable. Nous rencontrons des jeunes motivés et dynamiques ayant à cœur d’œuvrer pour une bonne cause. Ce soir, chacun des bénéfices est reversé au profit de l’association des Chiens Guides d’Aveugles.

La soirée débute avec un apéritif dans la salle des fêtes complètement illuminée. Les personnes ayant réservé entrent doucement et forment naturellement des groupes, discutent entre elles.

Anne, présidente de l’association, interrompt les discussions. Elle explique le déroulement de la soirée qui va débuter par l’installation à table : « vous allez former des groupes de quatre et de huit personnes et nous allons vous installer, les yeux bandés. L’aventure commencera à partir de l’instant où vous mettrez le bandeau. » Elle prévient aussi tous les participants : « Tous les ans, on se rend compte que naturellement, vous allez parler plus fort. Essayez de lutter, parce qu’à 65 participants, ça risque d’être fort bruyant. Je dis ça pour vous », rigole d’avance la présidente de l’association. « Et à la fin de la soirée, on vous dévoilera le menu surprise que vous allez déguster à l’aveugle. On verra si vous aviez deviné ! »

L’association Paul Corteville, chiens-guides d’aveugles

Michel prend le micro et explique l’historique de l’association Paul Corteville Chiens Guides d’Aveugles pour laquelle tous les bénéfices sont reversés ce soir. « À la base, Paul Corteville est l’homme qui a créé l’association et l’idée de faire bénéficier à chaque mal-voyant d’une aide au quotidien. C’est en vacances à Cayeux-sur-Mer qu’il se lie d’amitié avec Monsieur Blin, mal-voyant. Il a réfléchi à une façon de permettre à cette personne de devenir plus autonome. Paul Corteville était passionné par le monde canin, et a découvert que des chiens avaient été formés par des humains, en Allemagne, après la Première Guerre mondiale, pour faciliter la vie des invalides de guerre. Un an après s’être lié d’amitié avec Monsieur Blin, Paul Corteville offre à son ami un chien, Dickie, un berger allemand qu’il a formé durant un an, selon ces méthodes allemandes. C’est ainsi qu’est née l’idée de créer des écoles de formation pour les chiens-guides. Le processus de formation est réglé et chaque chien sort de l’école avec un diplôme pour certifier sa capacité à être guide. Depuis les années 1950, une dizaine d’écoles ont vu le jour sur toute la France. »

Carole, mal-voyante depuis sa naissance, intervient à son tour et nous raconte son histoire avec Louly, une chienne guide de quatre ans dont elle est propriétaire depuis bientôt deux ans. « Elle m’a permis d’être autonome. Après avoir suivi une formation et avoir été suivie par un éducateur qui nous a guidées sur les parcours que j’ai appris à la canne blanche, Louly a appris à me guider sans danger sur ces chemins que j’emprunte au quotidien. Comme je suis petite, Louly était le chien idéal pour moi. Ca a pris environ deux ans pour que je puisse obtenir Louly. Mais je pense qu’on s’est bien trouvées, elle et moi. On a créé un lien de confiance fort et elle me permet de faire des choses que je ne pouvais pas faire, avant. »

L’assemblée applaudit les intervenants pour leurs explications qui font clairement sens à notre présence ce soir. Manger à l’aveugle va nous amuser, mais aussi nous confronter à perdre un des sens dont nous nous servons tout le temps.

Le repas à l’aveugle

Les bénévoles nous invitent à nous regrouper par quatre ou huit, comme prévu par Anne lors de la présentation. Nous mettons les masques prêtés par l’association pour nous plonger dans le noir. Les groupes sont guidés à la file indienne par les bénévoles. S’assoir se fait déjà à tâton…

Comment allons-nous faire avec nos fourchettes, serviettes et verres ?! Beaucoup de questions se posent alors que nous rigolons, certainement pour extérioriser un stress qui s’installe avec cette situation qui peut être vécue de manière inconfortable par les uns ou les autres. « Oh la la ! Je suis claustrophobe, ça me fait un peu peur… j’espère que ça va aller », entendons-nous au loin. Parce que oui, notre ouïe s’affine et on se créé rapidement des sortes de moyens mémo-techniques pour se rappeler d’où se trouvent les choses.

Le traiteur amiénois La Bonne Humeur nous a régalés de l’entrée au dessert. Des saveurs intrigantes et savoureuses ont animé nos papilles et forcé nos cerveaux à reconnaître des goûts parfois inconnus.

En entrée, à tâtons, nous découvrons des verrines, une tartine de chèvre, une terrine de saumon et un blini tartiné. Pour cette première rencontre à l’aveugle avec les aliments, les doigts trempent involontairement dans les mets. On tente d’utiliser les couverts, mais on se rend compte qu’il est difficile de les utiliser correctement. Et on ne savait même pas si on avait fini notre assiette. « Oh ! Vous vous en êtes plutôt vraiment bien sorti », nous annonce le bénévole jouant le rôle de serveur durant la soirée.

Les bénévoles remplissent les verres de vin et d’eau, au-fur-et-à-mesure de la soirée. Nous ne manquons de rien. Parfois, même, nous avions l’impression que nos verres s’étaient remplis d’eux-même, tant les bénévoles étaient silencieux et jouaient avec nos sens.

Des odeurs du plat sortent de la cuisine et nous mettent en appétit. Nous essayons de deviner. « Mais, c’est sûr que ça va être un plat en sauce ! On va s’en mettre partout ! » rigolent les convives. Une escalope de poulet arrive, accompagnée de ses petits légumes et d’une sauce langoustine. Et pas manqué, les éclaboussures de sauce ont repeint quelques vêtements. Il est vraiment difficile de savoir où on en est, par rapport au restant dans l’assiette et nous avons trouvé que nous sommes plus vite repus. Le repas était délicieux, très bien fait.

Soudain, une voix se fait entendre. Louise, chanteuse lyrique, développe notre ouïe avec sa voix magnifique. On avait l’impression qu’elle glissait entre les tables, déplaçant le son d’une oreille à l’autre avec une intensité incroyable. Cette animation à l’aveugle – tout comme cette soirée – a développé des sensations uniques.

Le dessert prend place de la même manière que l’entrée. Plusieurs verrines (mousse au chocolat, un mélange de pommes et poires et une île flottante), un macaron et une crème brûlée sont dégustés un à un. On manipule bien mieux les objets à tâtons, maintenant. Nos doigts ne se trempent plus dans les verrines. On fini chaque plat bien mieux qu’à l’entrée. Nous nous habituons doucement au manque de la vue.

La soirée prend déjà fin. Il est déjà 23h30 et le temps est passé à une vitesse folle. Nous n’avions aucune notion d’heure, durant tout ce repas. L’expérience nous a complètement coupés du monde, le temps d’une soirée. Sans la vue, nous nous rendons compte que nous avons l’impression que beaucoup de nos réflexes quotidiens sont contraints à disparaître.

 « On sait que ça fait très mal, mais il faut qu’on rallume ! » annonce Anne. Les bénévoles nous invitent à retirer nos masques et rallument la lumière en plusieurs fois afin de permettre une réadaptation à nos yeux. Nous découvrons le repas que nous avons mangé et sommes très étonnés de certains mets comme la verrine à la patate douce et noix de coco en entrée et la crème brulée à la chicorée en dessert.

Lors de cette soirée, 400 euros ont été récoltés pour l’association Paul Corteville et les chiens-guides d’aveugles. On se sent encore plus fiers et heureux d’avoir participé à une soirée si humaine et enrichissante. Et comme le dit Anne : « Profitez du jour, profitez de la vue, et profitez de la vie ! »

Photographie du LEO Club Amiens Jules Verne

 

Laëtitia

Plus d’infos sur la page Facebook de l’association LEO Club Jules Verne et la page Facebook de l’association Paul Corteville – chiens-guides d’aveugles

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Laetitia

Laetitia

Originaire de Cayeux-Sur-Mer et amoureuse de la Baie de Somme, je suis tombée sous le charme de l'Amiénois. Samarienne depuis toujours, j'ai autant de plaisir à visiter des charmants endroits naturels ou créés par nos supers locaux. J'aime aussi les bonnes petites gourmandises de chez nous !

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