LE HASARD RENCONTRE LE VAGABOND AU FRAC D’AMIENS

La deuxième partie de la suite d’expositions Histoires de dessins vient d’ouvrir ses portes aux visiteurs au Fond régional d’art contemporain (FRAC) d’Amiens. L’exposition est présente pour trois mois, jusqu’au 29 juin 2019.

Comme le veut la collection du FRAC, toutes les oeuvres tournent autour de l’histoire du dessin. « Nous n’avons pas pour but d’être un cabinet de dessins, nous souhaitons montrer que tout art est imprégné par le dessin, et donc, notre collection est une collection sur le dessin et non pas de dessins », explique Yves Lecointre, directeur des lieux. Le dessin étant la base de tout art. « Dessiner ouvre à toutes les formes d’art possibles et inimaginables », appuie Laurent Busine, commissaire belge de l’exposition.

C’est donc parmi les oeuvres de cette collection que Laurent Busine, a dû composer l’exposition. À travers les oeuvres retenues, il souhaite raconter la part de hasard qui existe dans la vie, où le hasard n’est observé que s’il est attendu. « Vous l’aurez compris, le vagabond, c’est moi. Le hasard, c’est tout ! » plaisante le commissaire.

Un néon rose sous un cadre de verre

Dès notre arrivée sur place, nous sommes fascinés par un néon rose sous un cadre de verre. L’oeuvre de Jean-Michel Aberola représente ce que chacun veut y voir, et c’est ce qui fascine le commissaire. « Dans une même image, on peut avoir différentes perceptions. Et cette perception peut rendre un dessin, une oeuvre bavarde. » On peut y voir une tête, une oreille qui dépasse ou des pays qui se dessinent… Libres sont l’instinct et le regard d’y percevoir ce qu’ils veulent.

 

Jean-Michel ALBEROLA, Une Famille II, 1996-1998, Néon

D’instinct, justement, nos pas sont guidés vers la partie gauche de la salle, happés par une vidéo qui représente une main qui semble venir peindre une femme tenant un miroir et un portrait. Cette vidéo est le travail d’Angel Vergara Santiano. Aussi déconcertant que fascinante La durée est d’un peu moins de cinq minutes, mais elle tourne en boucle. À tel point que l’on peut passer plusieurs fois devant : on aura l’impression que cet artiste restera éternellement ici à peindre un sujet qui est déjà bien vivant.

Angel VEGARA SANTIANO, Jeune Femme au miroir, 2007, Vidéo (4minutes 43secondes)

Puis, l’oeil poursuit sa quête d’oeuvres d’art, et se dirige vers la grande salle, à droite de la vidéo projetée. Les deux murs de gauche et droite se confrontent, se font écho, aussi intrigants l’un que l’autre. Un crâne géant avec des dents en forme de bouteilles de vin grandit la pièce alors que de l’autre côté, une série de dessins de formes foncées sur fond blanc se détachent. Les deux oeuvres sont parfaitement mises en valeur, dans un espace où le vide laisse le hasard et l’oeil vagabond du spectateur aller vers les oeuvres qui l’intriguent. Dans cette pièce, Laurent Busine souhaitait une chose : « Tout ici rappelle la vie, le crâne peut signifier la mort, les roches ou les engrenages, les étoiles, la poussière… Tout nous confronte à ce que nous sommes, au fond. »

 

Erik DIETMAN, Morandi, 1994, crayon noir, fusain, crayon de couleur et craie de couleur sur papier Canson marouflé sur toile

Suite de la visite avec des oeuvres qu’il faut essayer de comprendre, pour pousser la lecture de ces créations. En lisant le cartel, parfois, cela donne des indices sur l’oeuvre en question, parfois, il suffit juste d’interpréter l’image, le dessin, la photographie afin d’en trouver, d’en exhumer son propre sens.

Hubert KIECOL, Cinq Dessins dissociables Engrenages, janvier 1997, encre grasse d’imprimerie, peinture et graphite sur papier.

En faisant le chemin du retour, jusque la sortie, en face de nous, une pièce reste à découvrir. Il y a là quelques oeuvres dont une éblouissante. Il s’agit d’une vidéo projetée contre un mur qui montre une main féminine, dessinant dans l’eau avec de l’encre de chine. L’image est inversée, le dessin est régulier et pourtant tout le dessin, ici, est lié aux mouvements mais aussi au hasard. Jusqu’au bout de l’exposition, nous sommes happés dans un hasard plus ou moins maîtrisé par les différents artistes présents.

 

José Maria SICILIA, Deux dessins dissociables – En Flor, 2000, fleurs et feuilles écrasées entre deux feuilles de papier japonais

Toutes les pièces sont reliées instinctivement par le spectateur qui ne demande qu’à déambuler pour continuer à suivre un fil rouge.

Les oeuvres présentées comportent un lien significatif les unes pour les autres : aucune oeuvre n’est très colorée ou étincelante de couleur, à l’instar du néon, qui est là comme pour ouvrir et fermer la visite de l’exposition. « Je suis un mélancolique, cela affecte logiquement ma mise en scène, lors des expositions que je suis amené à présenter », confie Laurent Busine.

 

Edith DEKYNDT, A is hotter than B, 2005, vidéo (9minutes)

La troisième et dernière exposition d’Histoires de Dessins se nommera « À dimensions variables » du 20 septembre au 14 décembre 2019. Le commissaire sera Dominique Abensour qui montrera, à son tour, sa propre conception de son thème à travers une exposition sur le dessin dans sa figure la plus globale.

Vera MOLNÀR, Lettres à ma mère, 1988, encre sur papier ordinateur et table traçante

Laëtitia

Le hasard & le vagabond – du 27 mars au 29 juin 2019 – exposition ouverte au public du mardi au samedi de 14 à 18 heures sauf jours fériés – entrée libre. Plus d’infos sur le site internet du Frac

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